Manchotlogue

Publié le par Antoine Miniours


Depuis le mois de décembre, Cathy étudie plus particulièrement quelques couples de manchots royaux et leur descendance. Il s'agit de manchots déjà porteurs de transpondeurs (ces puces électroniques dont je vous ai déjà parlé) depuis plusieurs années. Cela permet de connaitre les allée-venues de ces individus dans la colonie grâce aux antennes de détections placées à chaque entrée. Pour les repérer, il a fallu faire le tour de la colonie lorsqu'ils couvaient leurs œufs, en passant une perche de détection de transpondeurs près d'eux. 

 

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La perche de quatre mètres de long, permet de détecter les transpondeurs sans entrer dans la colonie.

 

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Moi aussi j'ai essayé !


Lorsqu'un transpondeur est détecté, il faut bien noter son  numéro et l'emplacement où niche le manchot. De retour au bureau, tous ces numéros sont entrés dans le logiciel de détection automatique qui nous donne toutes les informations connues sur ces manchots. Nous pouvons alors activer une alarme sonore qui nous préviendra lorsqu’ils entreront ou sortiront de la colonie.

 

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Consultation de la fiche d'identité du manchot 123


Durant les mois de décembre à février, Cathy et Robin ont donc surveillé les passages de manchots de l'aube au coucher du soleil, pour capturer les individus repérés à leur sortie de la colonie. Une fois capturés, une prise de sang et des mesures biométriques ont été réalisées. Puis les manchots ont été marqués d'un numéro sur le plastron pour pouvoir les identifier visuellement dans la colonie.

 

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Voici le manchot numéro 49 avec son poussin


Quelques minutes plus tard, le manchot est relâché et peut partir en mer pour se nourrir. A son retour, il va rejoindre son nid et reprendre l'œuf qu'il avait confié à son conjoint. Chaque manchot a un chant particulier, c'est ainsi que les deux partenaires se reconnaissent avant d'échanger l'œuf. Cathy à pour mission d'enregistrer ces chants tout au long de la saison de reproduction pour les étudier. Lorsque l'alarme du bureau indique que le manchot marqué entre dans la colonie, il faut se tenir prêt à l'enregistrer, dos au vent, à une dizaine de mètres de son nid.

 

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Nous attendons l'arrivée du manchot.


En janvier, les premiers poussins sont nés ! A une dizaine de jours, il est possible de leur fixer, dans le dos, un "Fish-tag" en plastique numéroté auquel nous avons collé un petit drapeau coloré pour l'identifier à distance.

 

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Et voici le poussin du couple 128.


Au final, 32 poussins ont ainsi pu être marqués. Pour s'y retrouver dans toutes ces combinaisons de couleurs, nous avons réalisé une carte de la manchotière sur laquelle les drapeaux représentent les poussins.

 

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Sur la carte des poussins


Depuis, nous faisons plusieurs fois par semaine le tour de la colonie pour tenter de repérer ces poussins et leurs parents. Mais certains meurent, d'autres perdent leur drapeau... Aujourd'hui, il ne reste plus qu'une quinzaine d'entre eux encore identifiables. Mais le tour de colonie reste toujours un agréable moment durant lequel on a un peu l'impression de jouer à "Où est Charly ?".

 

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Le tour de colonie, c'est aussi l'occasion d'aller dire bonjour à Max, le célèbre poussin.


Par Antoine, le 14 aout en baie du Marin.




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